Trois ans déjà.

C'était aujourd'hui, c'est aujourd'hui toujours que l'impact me terrasse, là dans mon coeur, il faisait très beau ce jour-là l'été indien comme on dit, quand le mois de septembre ressemble encore à l'été, mais aujourd'hui il fait froid, la pluie coule le long des gouttières, c'est un vrai automne, un de plus sans toi ma chérie. Comme le temps est long quand on pense à ceux qui sont là-bas et qui nous attendent. Dis-moi ma douce, c'est pas trop long ?

Personne tu sais n'est toi. D'autres bêtes sont venues consoler mon coeur meurtri, peu à peu j'ai accepté, je les ai laissées venir me renifler, se frotter à moi, je leur ai ouvert ma porte parce que tu me connais, j'aime tellement les bêtes.

Mais aucune n'est toi. Ta chaleur, ton odeur, da douceur de petite fauve, l'or inaltérable de tes yeux qui sombraient dans un lac d'émeraude, ton petit corps contre le mien quand j'étais seule. Toi Vénus, la déesse de mes amours aventureuses, celle qui savait tout de moi, à qui je n'avais pas besoin de parler, qui savait de toutes façons.

Plus que jamais dans le froid automnal, dans l'hiver sans toi qui s'approche, j'ai froid. A nouveau la vie s'occupe de broyer mes certitudes, de détruire encore un peu de mes illusions, à nouveau le rouleau compresseur passe sur mon corps endolori. Mais comme toujours, comme toi jusqu'au bout, je demeure, fière et dure, bravant les souffrances parce que j'aime tant la vie.

Je sais combien tu aimais la vie ma Vénus, au point de repousser la mort dans ton râle d'agonie, ô Dieu, je me souviendrai toute ma vie de ces heures interminables où ta pauvre voix luttait, luttait, luttait, ton souffle épuisé, ton corps comme un petit chiffon noir, si légère dans mes bras mon amour ! Je suis la dernière à être passée devant ton regard. C'est moi qui t'ai fermé les yeux. Je t'aime.

Je sais vois-tu, que quand ce sera mon tour, tu seras là à m'attendre devant la porte, comme quand je rentrais à la maison, j'entendrai ton miaulement et je n'aurai pas peur du coup, je fermerai les yeux et je te verrai à nouveau ! Enfin...

misstic